Retraite créative au Moulin des Hirondelles : le témoignage de Véronique Egloff

 S’extraire du tumulte du monde, ralentir, retrouver un lien sensible avec la nature : pour Véronique Egloff, artiste et créatrice, la retraite créative est une nécessité. Son séjour au Moulin des Hirondelles, en Bretagne, s’est imposé comme une expérience fondatrice, à la fois artistique, corporelle et profondément intérieure.

« J’ai eu besoin de quitter l’effervescence du monde des humains »

« Parfois, en tant que créateur, il m’est utile de m’extraire de l’effervescence du monde des humains. »

C’est par ces mots que Véronique décrit l’élan qui l’a conduite à faire une retraite. Quitter le quotidien, ses automatismes et sa cadence imposée, pour se retrouver seule, si possible, immergée dans la nature. Cette mise à distance n’est pas une fuite, mais un retour à l’essentiel, une manière de réaccorder le corps, l’émotion et le geste créatif.

Le Moulin des Hirondelles : un refuge artistique en Bretagne

Accueillie par une amie, Véronique découvre un lieu singulier : un ancien moulin breton, entouré de paysages vivants et silencieux à la fois. Le Moulin des Hirondelles devient alors bien plus qu’un cadre : il se transforme en espace de résonance, propice à l’écoute et à l’attention.

« Ce moment privilégié m’a été offert comme un cadeau : du temps, du silence et un paysage à habiter. »

Ici, la nature n’est pas un décor mais un partenaire de création, une présence avec laquelle dialoguer.

Trois jours pour ressentir, comprendre et se dissoudre

Durant trois jours, Véronique s’engage dans une expérience de création consciente, sans objectif de production ni recherche de performance.

« Trois jours à accroître mes sensations, à faire resurgir une émotion et à comprendre comment elle se manifeste dans mon corps. »

Observer, contempler, décrypter le paysage, puis le retranscrire sans prétention artistique. Le dessin devient un prolongement du corps, un moyen d’explorer l’émotion plutôt que de la figer. Peu à peu, l’état intérieur se modifie.

« J’ai senti une forme de transe créative, comme une dissolution progressive dans le paysage. »

Se mettre à hauteur de nature

L’un des enseignements majeurs de cette retraite réside dans la relation au monde naturel.

« Être en relation avec la nature dans sa singularité, la parcourir en totale conscience, me mettre à sa hauteur pour ne pas la surplomber. »

Cette posture humble transforme le regard. Elle invite à une création respectueuse, attentive, qui ne cherche pas à s’imposer mais à dialoguer avec le vivant.

Une expérience réparatrice face aux pertes écologiques

La retraite fut aussi un espace de réparation.

« Ces trois jours ont été nécessaires pour réparer mes chagrins et conjurer les pertes de nos écosystèmes. »

Créer au cœur de la nature, c’est accepter de ressentir pleinement la fragilité du monde. Le dessin devient alors un acte de soin, un moyen de transformer l’impuissance en présence.

« Un simple carnet peut agrandir le monde »

Véronique insiste sur la simplicité des moyens utilisés : un carnet de croquis et quelques outils graphiques suffisent.

« Il est vraiment possible d’augmenter la réalité et d’agrandir un monde qui nous apparaissait pourtant bien étriqué. »

La retraite créative n’est pas réservée aux artistes confirmés. Elle repose avant tout sur la disponibilité intérieure, l’attention portée au réel et le courage de ralentir.

Une invitation à vivre sa propre retraite créative

« Je recommande à tous un tel changement ontologique. »

Par son témoignage, Véronique Egloff invite chacun à expérimenter cette autre manière d’être au monde. Une retraite créative en pleine nature ouvre des espaces de transformation durables, où la création devient un acte vivant, incarné et profondément humain.

Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience de retrait, de création et de reliance à la nature ?


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